Roger Sarrasin

Roger Sarrasin, fondateur de Vélo-4-saisons, a commencé sa pratique dès l’âge cinq ans et il a dans sa jeunesse beaucoup pratiqué le vélo utilitaire. À 19 ans, il a quitté Montréal en suivant le pic bois pour ne pas y revenir… mais la vie le rattrape ! Il y a une dizaine d’années, il s’est remis au vélo urbain comme moyen de transport vélo-boulot et il a constaté l’état du réseau des pistes cyclables et des conditions de circulation. À cause des trajets banlieue – Montréal, il passe par différents chemins, rues et boulevards, qui l’ont éclairé (au risque parfois de perdre la vie) sur les réalités des différences modales tant au niveau des comportements, des infrastructures urbaines que des lois. À la recommandation de Vélo-Québec, il a fondé Vélo-4-Saisons, puis Cyclo-Québec pour défendre le principe du cyclomobilisme. Dernièrement, il a rejoint Enviro Mille Îles, Coalition Vélo Montréal et le Comité Vélo Rosemère pour apporter son aide à la promotion du cyclisme utilitaire.

Thème de la conférence : Les moyens de favoriser le transport actif à Montréal, les problématiques soulevées aux pistes de solutions envisageables.

Titre de la conférence : Regard sur la discrimination modale

23 mai, 13:45-15:15:15, 3ième panel de conférences

Cette communication porte sur le droit de se déplacer au Québec et le conférencier cadre la problématique de cette question cruciale de société par le concept de « discrimination modale ». À l’appui de son expérience personnelle et de témoignages, il constate à grand regret que la pratique du vélo comme moyen de transport actif est périlleuse. En se basant sur la définition légale de la discrimination, on peut concevoir la « discrimination modale » de la façon suivante: « c’est l’application d’un traitement, à la fois arbitraire et asymétrique, qui est défavorable aux usagers de modes de transport spécifiques, autres que les véhicules moteurs ayant au minimum quatre roues, dans l’élaboration des infrastructures routières urbaines à usage commun ». Il faut certes différencier l’interdiction (pour des raisons de sécurité) de la discrimination. Il est souhaitable qu’il n’y ait pas de cyclistes sur les autoroutes au milieu des véhicules motorisés, de là l’interdiction. La discrimination modale est beaucoup plus subtile.

Les piétons disposent pour circuler de trottoirs à peu près partout et la discrimination à leur égard se retrouve principalement au niveau des feux de circulation (quoique de moins en moins). Grâce à ces infrastructures, les piétons et les automobilistes sont relativement en sécurité et la cohabitation semble viable. Par contre, les cyclistes ont peu d’infrastructures pour circuler et, malgré le fait qu’ils aient le droit de circuler sur les rues, ils sont constamment confrontés à de multiples problèmes de relation avec les véhicules routiers. Le conférencier observe, par exemple, que les usagers de véhicules routiers ne respectent pas ni le règlement municipal en matière de pistes cyclables ni le Code de Sécurité Routière dans leur relation avec les cyclistes. Dans ces situations de transgression, la sécurité des cyclistes est dangereusement mise en péril. Dans ce contexte de cohabitation périlleuse, le conférencier affirme que le statut du cycliste utilitaire est manifestement, comme citoyen, déclassé aux yeux de la Loi et des autorités municipales. En se basant sur des exemples vécus et en analysant le contenu de lois, le conférencier expose les incohérences du cadre légal quant à la place du cycliste utilitaire dans notre société.