Carole Clavier et France Gagnon

Carole Clavier détient un doctorat en science politique de l’Université de Rennes 1 (France). Elle est professeure au département de science politique de l’UQAM. Elle a été post-doctorante à la Chaire Approches communautaires et inégalités de santé de l’Université de Montréal et chercheure à la Direction de santé publique de Montréal. Elle s’intéresse à l’action publique locale, aux transferts de politiques publiques et aux politiques intersectorielles, en particulier en lien avec les questions de santé publique.

France Gagnon, détentrice d’un doctorat en science politique de l’Université Laval, est professeure à la TÉLUQ (Université du Québec) depuis 1996. Depuis 2005, elle est co-directrice du Groupe d’études sur les politiques publiques et la santé (GÉPPS). Ses projets de recherche actuels portent sur la mise à profit des connaissances par les acteurs de santé publique lors de la formulation des politiques publiques et sur la prise en compte de la santé dans le développement de politiques en lien, par exemple, avec le gaz de schiste.

Thème de la conférence : Les moyens de favoriser le transport actif à Montréal, les problématiques soulevées aux pistes de solutions envisageables.

Titre de la conférence : Des théories d’étude des politiques publiques pour comprendre les difficultés de mise en œuvre des politiques de transport actif

23 mai, 9:15-10:15, 1er panel de conférences

Depuis le début des années 2000, les villes de Montréal et Toronto développent des politiques de transport actif. La mise en œuvre de ces politiques semble confrontée à d’importantes difficultés, qui ont parfois conduit à réduire les budgets du transport actif ou à démanteler des pistes cyclables nouvellement installées. L’objectif général de notre recherche en cours est de comprendre et comparer les processus et conditions qui sous-tendent la mise en œuvre des politiques de transport actif en faveur de la marche et du vélo à Montréal et Toronto et, ainsi, produire des connaissances qui pourront soutenir la mise en œuvre de telles politiques à l’avenir.

Dans cette communication, nous proposons, de façon plus ciblée, de montrer que les théories d’étude des politiques publiques développées en science politique sont utiles pour comprendre ces difficultés de mise en œuvre. Le concept de sous-système de politique publique – central dans l’approche des coalitions de cause de Sabatier et Jenkins-Smith – permet d’identifier et d’analyser les configurations d’acteurs impliqués dans la politique de transport actif. Ces acteurs sont non seulement les acteurs étatiques (politiques et administratifs) mais aussi les groupes d’intérêt, les citoyens, les acteurs privés, etc. Ce sous-système présente en outre la particularité de rassembler des acteurs de différentes politiques publiques (transport, urbanisme, environnement et santé notamment). L’hypothèse que nous cherchons à confirmer par la recherche est que les changements dans la composition du sous-système entre la mise à l’agenda et la mise en œuvre de la politique peuvent expliquer les difficultés de mise en œuvre.